Le gène MDR-1.

Les chiens porteurs de ce gène particulier vont être plus sensibles à certains médicaments et risque plus de développer des réactions suite à l’ingestion de ces médicaments.

Berger australien
border collie
Colley

Le terme MDR ne veut pas dire « mort de rire » mais vient de l’anglais Multi Drug Résistance (résistance aux médicaments). Ce gène va permettre la fabrication d’une protéine qui tapisse les vaisseaux sanguins du cerveau. Ces protéines vont donc procurer une barrière entre le sang et le tissus cérébral et empêcher le passage de certains éléments dans le cerveau, notamment certains médicaments.

Parmi les milliers de gènes du chien, il y en a un qui s’appelle MDR1. Il est exprimé principalement dans les cellules de la paroi des capillaires sanguins qui alimentent le cerveau. Ces cellules vont grâce à ce gène, synthétiser la glycoprotéine-P qui va protéger et filtrer ce qui peut entrer dans le cerveau et ce qui ne peut pas y entrer. Un peu comme un barrage filtrant à la douane. Certains des médicaments que l’on utilise pour traiter nos chiens et chats (notamment certains vermifuges) ne doivent pas se retrouver au niveau cérébral. Si ces molécules se retrouvent dans le cerveau, elles vont causer des effets indésirables. La glycoprotéine-p va donc empêcher le passage de ces molécules dans le cerveau.

Au 18ème siècle, il y a eu une mutation génétique chez un chien sur son gène MDR1. Ce chien, suite à cette mutation, n’était pas capable de synthétiser la glycoprotéine-P. Son cerveau était donc moins bien protéger face à certaines molécules. Cela n’était pas grave car ces « molécules gênantes » ou « médicaments gênants » n’avaient pas encore été découverts par la science. Le problème est que ce chien est à l’origine des lignées qui ont donnés la race du colley et par la suite d’autres races comme les bergers australiens et les borders collies.

Pour aider les chiens à se débarrasser de leurs vers intestinaux, la science a mis au point plusieurs médicament appeler « vermifuges ». Dans les années 70, on a commencer à concevoir, fabriquer et administrer aux chien des molécules comme l’ivermectine ou la milbémycine. Ces molécules sont très intéressantes car elle tuent rapidement les parasite intestinaux et sont sans danger pour l’animal traité. Par la suite, les vétérinaires et les scientifiques ont remarquer que ces médicaments n’étaient pas totalement sans risque pour les chiens. Certains présentaient, après l’administration de ces médicaments des effets secondaires assez importants et parfois même en mourraient. Curieusement, ces effets étaient présent uniquement chez certaines races de chien. Grâce aux avancées scientifiques en génétique, les chercheurs ont pu faire le lien entre ces effets secondaires et le gène MDR1.

Ces Molécules sont sans risque pour la plupart des chiens car elles atteignent très peu le cerveau. En effet, la glycoprotéine-P ne les laisse pas passer. Par contre, chez les chiens qui ne possèdent pas ce filtre protecteur, ces molécules se retrouvent en grande quantité dans le cerveau et y provoque de gros problèmes. C’est donc la génétique qui a permit de comprendre les effets secondaires curieux de ces médicaments. Les chiens, dont le gène MDR1 est inefficace, ne synthétisent pas de glycoprotéine-P au niveau des leurs capillaires cérébraux, les privant de ce filtre essentiel dans la protection contre ces molécules « cérébro-toxiques ». Cette sensibilité est donc génétique et se transmet d’un chien porteur à ses descendants. On a pu remarquer que les individu porteurs de cette mutation appartenaient à quelque races particulières : colley, border collie, berger australien, berger blanc suisse, shetland, bobtail…

Parmi toutes les molécules problématiques, la plupart ne sont pas destinées à nos chien. D’autres, utilisées dans des cas bien précis et sous contrôle d’un vétérinaire, ne seront jamais donnés à des chiens potentiellement sensibles. Par contre, certains produits, peuvent se retrouvés en vente libre, ou vendus par des professionnels non-informés sur cette problématique… ce sont principalement des vermifuges. Si vous avez un chien dont la race fait partie de la liste, méfiez vous toujours lorsque vous acheter un vermifuge. Donnez toujours la race de votre chien au vendeur et parlez lui du gène MDR1. S’il n’a pas l’air de savoir de quoi vous lui parler, faites demi-tour!

Non! Parmi les races citées plus haut, tous les individus sont pas porteurs de ce gène MDR1 « abimé » (muté). Cette anomalie est héritée de ses parents. Donc le chiot peut recevoir la mutation de son père, ou de sa mère… voir des deux!

L’individu qui a reçu ce gène fonctionnel de ses deux parents, sera complètement protéger contre cette sensibilité ( comme tous les autres chiens) et pourra prendre tous ces médicaments sans risque.

Le chien qui a reçu un gène MDR1 déficient d’un de ses 2 parents va montrer une plus grande sensibilités à ces médicaments et donc risque plus d’effets secondaires.

Enfin, les chiens qui n’ont reçu que des gène MDR1 mutés (un de leur père, l’autre de leur mère) auront une sensibilité encore plus importantes à tous ces médicaments.

Parmi toutes les races de la liste, la proportion de chiens « sensibles » ou pas n’est pas la même.

Selon les statistiques, plus de 80% des colley sont porteur du gène MDR1 muté, environ la moitié des bergers australien, un quart des bergers blancs suisses, et seulement 3% des border collies. (source antagène)

Et même parmi les bergers australiens porteurs du gène muté, on remarque que 80% ont un seul gène muté et 20% les deux.

Si votre chien est porteur de un voir de ses deux gènes MDR1mutés et que vous lui administrez malencontreusement un des produits à éviter, il ne va pas forcément montrer des signes d’allergie! C’est juste qu’il a plus de risques qu’un « chien classique » de développer des effets secondaires.

Les effets le plus souvent observés seront principalement nerveux et digestifs : le chien reste prostré, montre des difficultés à se déplacer, de la paralysie, des vomissement, de l’hypersalivation, des convulsions et dans les cas les plus sévères, cela peut aller jusqu’au coma puis la mort de l’animal

Pour éviter tous ces problèmes, nous vous conseillons, si votre chien fait partie de la liste des races possiblement porteuses, d’éviter l’administration des médicaments à risque. Ce sont surtout sur les vermifuges que vous risquez de faire une erreur. N’achetez vos vermifuge que chez un vétérinaire ou dans une pharmacie ou le pharmacien est bien au courant de cette problématique. Précisez toujours la race de votre chien et ce risque qu’il soit porteur de ce gène MDR1 muté.

Par un simple test génétique, il est possible de savoir si votre chien porte un ou deux gènes MDR1 muté ou si ses deux gènes sont « normaux ». Ce test est rapide et a un coup d’une centaine d’euros.